Jeudi 25 décembre 2008



Je me suis demandé pourquoi je trouvais cette photo si belle et surtout pourquoi elle me troublait autant.  Alors, comme j’aime bien analyser les images, je l’ai regardée un peu mieux.  Si je la compare à celle de John et Yoko Lennon, je comprends tout de suite qu’Alaska a raison quand elle a fait remarquer que John avait adopté une position fœtale.  On a la sensation d’une mise en scène d’un rapport mère-enfant, un peu comme si John cherchait à réintégrer Yoko.

 

Il n’en est rien ici où je vois très clairement représentée l’attitude d’un couple après l’amour, sauf que tous les codes habituels sont inversés.  C’est elle qui assume la position masculine, elle est étendue sur le dos, dans une attitude qui trahit l’apaisement.  Dans son regard, on lit un certain détachement.  Lui est en demande, l’entourant de son corps, de ses bras, de sa jambe.  Son attention est focalisée sur elle.  L’inversion se manifeste même dans l’opposition nu/habillé où c’est souvent la femme qui assume le rôle dévêtu (j’en profite pour manifester ma désapprobation face à cette pratique quasi obsessionnelle qui ne grandit certes pas l’image de la femme, mais cela nous écarte un peu du sujet).

 

Il y a donc renversement des rôles « traditionnels », mais les attributs spécifiques à chaque sexe sont cependant affichés de manière évidente.  Pour elle, la grâce, la fluidité de la chevelure, la douceur.  Pour lui, un tatouage viril au premier plan et l’accent mis de manière picturale sur les amplitudes et les rétrécissements typiques du corps masculin.

 

Dans cette image, tout se contredit et part à l’encontre de ce que l’on est accoutumés à voir.  Car ce n’est pas tout.  Bien que femme dans une attitude d’homme, elle en arbore aussi le symbolisme, elle est effectivement solaire, aspect clairement suggéré par les cheveux qui s’épanouissent en un faisceau rayonnant.  Inversement, lui, si viril dans son attitude féminine, est lunaire.  Sa position de profil esquisse la forme d’un croissant de lune.

 

L’effet général est encore renforcé par le choix de la couleur du fond, parfaitement identique à sa carnation à lui.  Elle, est entièrement vêtue de noir, seul son visage est dégagé, on ne voit même pas sa main.  Sa silhouette est donc la seule à trancher, à « ressortir » (et j’aime les mots, parce qu’ils sont souvent très parlants).  Lui, par contre, ne se détache pas, il se fond, il est absorbé par le fond.  C’est là la touche ultime qui vient renforcer la distorsion des codes.

 

Cette « lecture » ne prétend nullement être la bonne ou l’unique, mais elle m’a permis de mieux comprendre pourquoi cette photo me causait tant de trouble.  Tout y est très fortement symbolique, tout m’interpelle et remet en cause les schémas mentaux traditionnels.  J’aime quand on bouscule l’attendu, surtout quand on le fait par le biais de la réinterprétation artistique.  Et j’aime plus encore quand les références en filigrane m’amènent plus loin, vers d’autres champs de l’âme humaine.


--------------------------------------------------------

Merci à Alma (du forum "Crazy Julien") qui a très pertinemment et si poétiquement illustré mon texte par cette image : 



 

Par Lucrezia
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 15 décembre 2008

Sur le forum « Crazy Julien », nous nous sommes rendu compte que nous avions, chacune, une vision personnelle de Julien, de « notre » Julien et un peu à la manière d’un défi, nous avons tenté de trouver une photo qui représenterait ce Julien intime et particulier.


__________________________________________________________________________________________
 

Je cherchais une photo d’où émaneraient à la fois de la profondeur et de la scintillance, de la gravité et de la légèreté, de la douceur et de la violence, de l’éclat et de l’obscurité, de la féminité et de la virilité.  Gageure !  Comment réunir sur un seul cliché les innombrables facettes qui composent « mon » Julien, celui que mon imaginaire a créé ?  A mes yeux, il a toujours représenté un paradoxe vivant, celui qui allie l’inconciliable à l’antinomique, celui qui abolit les impossibilités.  Alors, je me suis souvenue que ma première impression, la plus forte, fut de voir en lui un Caravage musical.  Silhouette en clair obscur dégageant une force fragile, une sombre aura.


 


Insaisissable, énigmatique.  Visage au contour émouvant sur lequel on ne peut rien lire, parce que j’ai envie de tout y voir.  Une vision, un support pour l’imaginaire.  Un découpage dans le subconscient.


 


Et indissociablement liée à cette impression, une autre : une noire silhouette qui me tourne le dos, non pour m’échapper, mais pour s’offrir.  Parce que de dos, c’est la plaque de cuivre vierge sur laquelle je peux graver mes attentes.  J’aime le symbolisme absolu de l’attitude : l’équilibre parfait de toutes les forces contradictoires qui l’animent, harmonieusement réconciliées dans la magnificence de son art.

 

__________________________________________________________________________________________ 


Merci à Fantasia des forums Dig Up Elvis et Crazy Julien et à …. ???... (désolée, je ne sais plus de qui est la deuxième photo).

 

Par Lucrezia
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 27 novembre 2008

Si vous aimez toujours les contes de fées, en voici un petit, très légèrement revu ... !!

 

 

 

Il était cinquante fois (et non pas une), car quand les choses se présentent mal, il est bien rare que la guigne ne s’acharne pas, donc il était cinquante fois une petite créature esseulée qui se croyait un canard et qui se trouvait plutôt vilain.  De surcroît, l’infortuné était affligé d’une timidité prononcée et cultivait un penchant particulier pour la solitude ou du moins, feignait-il de l’apprécier pour ne pas désespérer de son sort.

 

En réalité, il aurait voulu s’ébattre avec les autres canards et s’intégrer à leur petite troupe, mais bizarrement, ceux-ci s’amusaient à se moquer de lui, de son air emprunté, de ses goûts originaux, de ses idées peu communes.  Chaque fois qu’il tentait de participer à leurs activités, il se sentait différent, étranger et la manière qu’on avait de le regarder ne l’incitait pas à persévérer.  Mon dieu, comme il devait être vilain (encore plus qu’il ne le pensait !) pour qu’on le rabroue ainsi !

 

- « Tu n’es pas comme nous, tu le vois bien », disait l’un.

- « Tu es bien trop différent », disait l’autre.

- « Tu n’es qu’un canard raté », ajoutait un troisième.

 

C’était pire encore quand il essayait de cancaner avec les autres.  Alors que tous poussaient des coin coin clairs et trompetants, il ne parvenait qu’à émettre un son grave et rocailleux qui déchaînait des salves de rires moqueurs.

 

- « On n’a pas idée d’être aussi peu doué », s’exclamait à chaque fois une vieille dinde glougloutante qui ne manquait jamais une occasion de lui donner un coup de bec.  « Il a bien besoin d’être rossé.  Si on pouvait seulement recommencer les enfants ratés !  Ce n’est pas possible d’être aussi disgracieux ».

 

Que faire pour être enfin accepté au sein de la fratrie ?  Notre pauvre malheureux se mit à bien observer les façons de se comporter et les signes de reconnaissance de la majorité des canards.  Comme il passait beaucoup de temps à lire, il ne manqua pas de remarquer, dans l’inestimable « Manuel des Castors Juniors », que ses membres les plus insignes et les plus admirés, les débrouillards Riri, Fifi et Loulou, arboraient tous trois une magnifique casquette dont la couleur était finement assortie à leurs vêtements.  Découverte jubilatoire, signe de ralliement, facteur d’intégration !!

 

 

- « Voilà ce qu’il me faut », décréta le vilain (qui ne l’était pas, mais ne le savait pas encore) petit (ça oui, il l’était) canard (la suite de l’histoire nous en apprendra davantage sur sa nature véritable).

 

Il dénicha donc cet accessoire qu’il pensait fédérateur, mais ne s’attira hélas qu’un surcroît de quolibets.  Puis, on l’oublia, il passait ses journées, seul et mélancolique, à contempler les autres qui s’ébrouaient gaiement.  Sa tristesse croissait au fil du temps et un jour, c’en fut trop !  Le malheureux, dans un sursaut vital, s’envola par-dessus la clôture et atterrit au milieu d’une troupe de petits oiseaux qui, à sa vue, se sauvèrent à tire d’aile.  "Je suis si laid que je leur fais peur", pensa-t-il, désespéré.  Il courut tout de même jusqu’au grand marais où vivaient les canards sauvages.  Au matin, ceux-ci l’aperçurent, le jugèrent ridicule avec sa casquette et s’éloignèrent dédaigneusement.  « Il n’a pas nos belles couleurs, ni notre façon de nager, cela se voit au premier coup d’œil.  Qu’espère-t’il trouver ici ? ».  Le pauvre n’insista pas.

 

Poursuivant sa route, il rencontra des oies qui pouffèrent en l’apercevant, mais acceptèrent momentanément sa compagnie.  Cela pouvait être distrayant.  Comme elles passaient la plupart de leur temps à cacarder stupidement, à pondre des œufs calibrés et à les couver jalousement, le malheureux se lassa très vite de ce compagnonnage.  D’autant plus que les oies le considéraient d’un œil rond et réprobateur : « Mais au moins, sais-tu pondre ?  Non.  Sais-tu te dandiner en cadence ?  Non plus.  Alors, tais-toi.  N’émets pas d’opinions absurdes quand les gens raisonnables parlent.  Et en plus, quand on est aussi malingre et laid, on reste dans son coin sans ennuyer son monde ».  Le caneton soupirait, il avait un tel besoin d’air frais, de soleil, et tellement envie de glisser sur l’eau, de s’envoler vers l’horizon.

 

Mais qui pouvait le comprendre ?  Un matin d’hiver, n’y tenant plus, il s’en alla.  Il marcha longtemps et finit par s’assoupir dans les roseaux.  C’est alors qu’il vit passer, très haut dans le ciel, de grands oiseaux, d’une blancheur immaculée, avec de longs cous gracieux.  Il ignorait le nom de ces oiseaux merveilleux et vers où ils s’envolaient, mais il eut l’impression de les connaître sans pouvoir se l’expliquer.  Il ne les enviait pas, non.  Comment aurait-il pu rêver de leur ressembler ?

 

Il glissa mélancoliquement sur l’étang, plongea sa tête dans l’eau et tenta d’oublier.  Cette nuit-là, il ne put trouver le sommeil.  Le matin suivant, sortant des fourrés, quatre superbes cygnes blancs s’avancèrent en ébouriffant leurs plumes.  Le caneton sentit son cœur battre très fort.  « Je vais voler jusqu’à eux et ils me battront à mort, moi si laid, d’avoir l’audace de les approcher !  Mais tant pis, plutôt mourir par eux que becqueté par les canards, pincé par la vieille dinde ou houspillé par les oies ! ».  Rassemblant tout son courage, il s’élança dans l’eau et nagea vers ces cygnes pleins de noblesse.  A son grand étonnement, ceux-ci, en le voyant, redressèrent le cou et se dirigèrent vers lui.  Le pauvre caneton, pressentant le coup de grâce, inclina la tête vers la surface des eaux et il attendit.  Mais alors, que vit-il, se reflétant sous lui ?  C’était sa propre image, non plus comme un vilain petit oiseau gris et lourdaud, mais comme un immense oiseau blanc aux ailes bordées de plumes noires.  Il crut un instant voir un cygne, mais il dut bien se rendre compte qu’il était encore tout différent des quatre oiseaux qui, à présent, faisaient cercle autour de lui en inclinant la tête et en battant des ailes.

 

« Ta famille n’est pas ici, lui dit le plus grand des cygnes.  Pour la retrouver, il te faudra parcourir les mers, sonder les espaces infinis, braver les tempêtes, apprendre à tutoyer les étoiles et te rire des archers, mais au bout du voyage, tu trouveras le territoire merveilleux où les rares oiseaux de ta race vivent, respectés et admirés ».  Alors, enfin, notre petit canard sut que, bien loin d’être un banal palmipède, il était l’un de ces princes des nuées aux ailes de géant qui font lever les visages vers le ciel.

 

 

Merci à 1967 (du forum Crazy Julien) pour la sublime image !

Par Lucrezia
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 6 novembre 2008

A l’âge où l’on a envie de tout essayer, j’ai finalement été très sage.  J’ai bien tiré un coup ou deux sur une cigarette, mais j’ai trouvé le goût répugnant.  Oui, j’ai bien eu ma période guindailles estudiantines et « elle est des nôôôôôtres, elle a bu son verre comme les ôôôôôtres », mais je n’ai jamais eu besoin d’une bière au p’tit dej.  J’ai la chance d’avoir un sommeil de plomb et j’ignore totalement la dépendance aux somnifères ou autres composés chimiques.  Vous vous doutez bien que je n’ai même jamais testé aucune forme de drogue dite dure ou douce, étant donné que si j’en avais vu passer une sous mon nez, je n’aurais pas été fichue de l’identifier.  Pour ce qui est du jeu, quand je vois Patrick Bruel expliquer mielleusement les règles du poker, je décroche après la deuxième phrase.  Je n’ai jamais mis les pieds dans un casino et je préfère voir James Bond jouer à la roulette l’argent de Sa Gracieuse Majesté que d’y risquer le mien.  Que reste-t’il ?  Ah oui, certaines personnes sont accros au sexe ou aux jeux vidéo, il y a même des cliniques de désintoxication pour ça.  Mais une fois de plus, je ne suis pas concernée.

 

J’ai donc traversé une bonne partie de ma vie en me disant fièrement que j’avais la chance de ne souffrir d’aucune forme d’addiction, qu’il était bon d’éprouver ce sentiment de maîtrise et d’indépendance.  Je me disais que j’avais bien négocié le détroit et que passé ce cap des tempêtes, j’allais pouvoir naviguer tranquillement, comme en croisière.

 

J’ignorais tout des sévères et multiples formes que peut revêtir l’état de manque, de la douleur qui arrache les entrailles aux crises d’angoisse, de l’augmentation de la tension artérielle aux insomnies chroniques, des hallucinations à la dépression.  Je me sentais forte, invulnérable.  Je ne savais rien de la vertigineuse et effrayante redescente qui suit le trip ou l’ivresse.

 

Et puis…

 

Il importe de relativiser tout de suite, les syndromes du manque ne sont pas aussi graves qu’énuméré ci-dessus.  Mais … pourquoi ce trou douloureux qui se creuse dans mon ventre ?  Pourquoi cette tristesse latente et inexpliquée ?  Pourquoi ces nerfs à fleur de peau et ces larmes soudaines ?  Pourquoi ce désintérêt brutal du monde qui m’entoure ?  Et l’attente …  Et l’espérance …  Et la spirale qui m’emporte à nouveau pour me larguer, enivrée et inconsciente, sur un rivage abandonné, comme un corps inerte que les vagues charrient.

 

Et les jours longs et monotones, le temps étiré à l’infini de la mélancolie.  Est-ce la rançon obligée de quelques heures de bonheur ?  Faut-il toujours traverser les limbes obscurs pour accéder au paradis ?  Faut-il accepter de perdre la joie pour l’illumination d’un soir ?  Julien pèse-t’il mon âme dans ses cymbales en équilibre ?  Sera-t’elle assez légère pour mériter la béatitude ?

 

Lourd, lourd est mon amour dans la balance.  Le poids du désir, la densité du besoin.  La cymbale tombe et j’erre dans le noir, prête à échanger mon souffle contre l’or du miracle.


 

Par Lucrezia
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 6 novembre 2008



Cambré en position luxure

Arc-bouté jusqu’à la rupture

Comment, face à cette bravade,

Freiner l’onirique escalade ?

 

M’imaginer ramper, hésiter, effleurer

Attendre, tendre, prendre

Mordre, tordre, en désordre

Désir, plaisir, mourir

 

Spasme, orgasme, fantasme

Cuisses lisses, supplice

Ma main glisse, sévices

Outrageante esquisse

 

Par Lucrezia
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 16 octobre 2008



Une folle envie de te plaquer au mur

Te clouer, bras en croix, pulsion à l’état pur

De tes cheveux rebelles chiffonner la texture

De mes mains caresser jusque dans l’encolure

D’un doigt mutin suivre les dentelures

Des fleurs brodées soulignant ta carrure

De ta peau miroitante éprouver la brûlure

 

Baiser la courbe de ton front, épure

Chuchoter contre tes yeux clos, murmure

Griffer la pâleur de tes joues, zébrures

Saccager la soie sang de ta bouche, écorchure

 

Invoquer la débauche, embrasser la luxure

Affirmer violemment mon statut de raclure

N’obéir qu’à nos corps, primitive nature

Et du désir qui dure exiger la torture

 

Par Lucrezia
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Vendredi 3 octobre 2008



Sa main

Evidente, insistante, insolente

Rien d’une vision furtive

Geste appuyé

Sexualité affichée

 

Loin des frôlements à peine esquissés des débuts

Quand les licols de bienséance muselaient encore le pur-sang

Liberté revendiquée, palissades renversées

Galops infinis sur la plaine ondulée des désirs

 

Basculements des hanches, cadencés,

Avant, arrière, contre la paume ouverte

Regard que l’on sait provoquant

Sans pouvoir détacher les yeux

De la mouvance pendulaire

 

Sa main

Qui caresse et qui prend

Me prend

Respiration en suspens

Intimité bouleversée

Lancinante famine

Sa main

Pyromanesque féline

Incendiaire concubine

 

Par Lucrezia
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 3 octobre 2008



La fluidité d’un tissu clair

L’éclat rubescent d’une maille élastique

La mouvance ondoyante d’un corps

 

Qui aurait cru que je serais troublée par tant de virilité féminisée ?

 

Plus les attributs sont froufroutants

Plus les dentelles et les bijoux parent ton cou laiteux

Et plus ta mâle séduction m’envoûte

 

J’aurais pour toi les gestes d’un amant

Faire glisser lentement tes bas en les roulant sur tes chevilles

Retrousser légèrement ta robe

Te faire lever les bras pour te l’ôter en la froissant un peu

Et la jeter négligemment sur l’accoudoir d’un canapé

 

Puis, je refermerais les bras sur toi pour te prendre comme une poupée chancelante

Mais tes mains arrêteraient mon geste et me saisissant par les poignets, tu me basculerais impérieusement sur les satins de tes parures chiffonnées

 

Par Lucrezia
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 12 septembre 2008

Parce que, moi aussi, j’aime bien m’inspirer de Gainsbourg !!



 

Julien en latex

C’est pas sérieux

On te dirait ex-

Trêmement vaniteux

Ils t’ont fait le cortex

D’un guignol prétentieux

C’est rien que des envieux

 

Et dans ce contexte

C’est curieux

Tu es ex-

Traordinairement chichiteux

Ils t’ont pondu le texte

D’un morveux

C’est quasi injurieux

 

Julien en latex

Je dois pourtant te faire un aveu

Au niveau de l’ex-

Pression, t’es savoureux

 

Même sans sourcil circonflexe

Tes beaux cheveux

Et leur attribut connexe

Ton système pileux

Me font l’effet d’une ex-

Tasy boute-feu

C’est assez délicieux

 

Tu n’as pas besoin d’ex-

Hiber tes charmes sulfureux

Afin que je m’ex-

Prime en mots voluptueux

 

Même en poupée latex

Tu es fameux

Ton regard est ex-

Actement scandaleux

Et ton charme est sex-

Uellement prodigieux

Tu restes somptueux

Audacieux, mystérieux

Viens, je connais un jeu …..

 

 

Par Lucrezia
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 25 août 2008

Dans le livre (*) que je suis en train de lire, je suis tombée sur un passage qui m’a interpellée et a fait remonter à la surface des interrogations qui m’ont taraudée pendant un certain temps.  Un des personnages du livre, Marion, est mariée et entretient une liaison avec un amant irlandais du nom de Brian.  Un lien aussi fort que magique l’unit à cet homme avec qui elle ne vivra jamais.  A un moment, elle écrit :

 

« Brian (à la place, je lis Julien), c’est mon ailleurs, la part de ciel qui m’est tombée sur la tête et qui me permet peut-être de vivre l’autre, en équilibre entre l’irréel et le quotidien.

Reste un problème : quelle place peut-on laisser au ciel sans mettre en péril sa vie terrestre et sans non plus étouffer l’étincelle, celle qui ne s’allume jamais deux fois ?  Ma vie se passera à chercher la réponse.  Mais ce sont les questions qui sont le sel de la vie.  Les réponses, il faut s’en garder : elles peuvent tuer ».

 

Les réponses, je les ai cherchées moi aussi, mais heureusement, je ne les ai pas trouvées.  Julien a déboulé un soir comme un typhon en laminant tout ce qui était ma vie avant.  J’ai été parfois tentée de tout arrêter, de ne plus venir sur le forum, de ne plus écrire, de ne plus écouter, de ne plus regarder.  Je m’effrayais lorsque je constatais que cette vie rêvée finissait par occulter complètement la vraie.  On me parlait et je n’entendais plus, totalement immergée dans mon univers fantasmé.  Il prenait peu à peu la place de l’autre et je me sentais la passagère d’un bateau qui s’éloigne irrémédiablement de la rive où mes proches me faisaient de grands signes pour m’aider à revenir.  Mais mon rêve était si fort, si présent qu’il en devenait plus réel que la réalité.  Julien n’était plus seulement une image, une voix, mais une présence permanente, presque tangible.  J’avais l’impression de le connaître intimement, ou à tout le moins, d’avoir rendez-vous avec lui chaque jour.

 

Et puis, je me suis rendu compte qu’il ne ferait jamais partie de ma vie, qu’il resterait un rêve, une vision magnifique.  Mon bateau est revenu vers la rive, doucement.  Et progressivement, j’ai appris à trouver cet équilibre évoqué par Marion, celui qui maintient à la même hauteur les plateaux chargés, l’un du poids du quotidien, l’autre de la densité du rêve.  Car, à l’étincelle qui ne s’allume qu’une fois, je n’ai pas voulu non plus renoncer.  Je la sens en moi, discrète, mais ardente, elle me nourrit, me réchauffe, me donne envie de regarder vers le haut.  Je ne vis plus sans cesse dans un monde parallèle où j’ai 20 ans et où l’impossible est une notion qui n’existe pas.  J’ai retrouvé ma place dans ma propre existence, j’y ai ancré à nouveau mon bateau, mais parfois, je m’offre une ballade en pleine mer, en cachette, juste pour contempler les étoiles.

 


-------------------------------------------

(*) La touche étoile de Benoîte Groult

Par Lucrezia
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Publicité

Caravage musical

Remerciements

Ce blog n’existerait pas sans la généreuse proposition, l’infinie patience et la magistrale réalisation (en bref, c’est elle qui a tout fait !) de Cath, THE Photoshop genius du forum Crazy Julien. Je lui suis infiniment reconnaissante pour tout le travail accompli et tiens absolument, par ces quelques mots, à lui exprimer mon immense gratitude.

Catégories

Commentaires Récents

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus