Mardi 14 août 2007
2
14
/08
/Août
/2007
18:23
Poursuivons dans les louanges (vous n’y voyez pas d’inconvénient ?). Je pense que Julien est le seul et unique candidat à n’avoir jamais
lâché la moindre fausse note sur toute la durée du parcours, casting et théâtre inclus. Il lui est certes arrivé d’oublier les paroles (voir « Du côté de chez Swann » au théâtre) ou de s’emmêler
les pinceaux dans l’ordre des couplets/refrains (sur « Like a virgin »), mais c’est lui qui l’a fait remarquer. Personne ne s’était rendu compte de rien, même pas le jury, pourtant si prompt à
déceler ce genre de dérapage. Si je passe en revue (dans le désordre) les autres candidats, je m’aperçois qu’ils ont eu chacun leurs petites (ou grosses) faiblesses. Laissons de côté les premiers
éliminés et voyons ça !
Raphaëlle : pas vraiment de fausse note à proprement parler, mais sur cette chanson (dont j’ai oublié le titre : « Dangerous » peut-être ?), elle a récolté 3 rouges,
car ses aigus n’étaient franchement pas en place et le résultat était assez désagréable à l’oreille
Pierre : une maîtrise vocale exceptionnelle et assez éblouissante qui va pourtant le trahir sur la chanson d’Aznavour « Formi-formi-formidable » : à la fin du 1er couplet, le passage « te le dire,
te l’écrire » est totalement planté (personne n’est parfait …. sauf Julien peut-être). En fait, le grand malheur de Pierre est d’être tombé la même année que Julien. Sans sa présence, il aurait pu
devenir la Nouvelle Star. Face à l’originalité et à l’énergie de Julien, son côté un peu trop lisse a joué en sa défaveur.
Ilyès : son interprétation de « It’s a heartache » est imprécise, ce n’est pas propre, pas délimité, l’auditoire est mal à l’aise
Gaétane : dois-je vraiment rappeler son interprétation catastrophique de « La Javanaise » : quel massacre ! Une si belle chanson !
Canelle : son « Banana split » était légèrement fondu
Alex : vague sur « Alexandrie, Alexandra » et largement à côté sur « La voix des sages » (dommage !)
Julie : le jury lui a fait remarquer plusieurs fois que la justesse faisait défaut, surtout dans les dernières prestations. Je continue pourtant à croire que cette fille a un grand potentiel. Elle
réussit à scotcher son auditoire.
Soma : faut-il vraiment faire un commentaire ? Je n’aurais qu’un mot : calamiteux. L’éternelle recherche d’une seule note juste.
Tigane : hum, ici, ça va être plus difficile de trouver une fausse note. Mais bon, soyons chien, juste une fois, sur « Celebration », son attaque était un peu imprécise, voire tremblotante et pas
tout à fait en place. Après, il s’est superbement rattrapé.
Maintenant, Julien : je cherche, je réécoute ses prestations, je ferme les yeux pour mieux entendre. Y a-t’il un dérapage quelque part ? Une fin de phrase qui s’égare ? Une montée dans les aigus
qui part en vrille ? Un grave qui s’écrase ? NON. NEVER. Toujours juste, et pas seulement dans les notes, aussi au niveau de l’interprétation. Du grand art !!
Par Lucrezia
0
Mardi 14 août 2007
2
14
/08
/Août
/2007
18:22
Il est plus que temps de réparer une sombre injustice. Tout au long de la Nouvelle Star, on n'a pas cessé (que ce soit dans les
commentaires off ou dans les propos du jury) de claironner que Tigane n'avait jamais suivi de cours de chant et blablabli et blablabla. Je suis bien d'accord, il a une voix magnifique (n'en
déplaise à ceux qui l'appelaient Tisane) et en outre, superbement placée. MAIS on n'a JAMAIS (ou alors une toute petite, petite, petite fois) dit que Julien n'avait pas suivi de cours non plus. Sa
première leçon, il l'a prise avec Sarah Sanders. J'irai même plus loin. Tigane, apparemment, chantonnait depuis sa plus tendre enfance. Julien ? Il a révélé qu'il y a à peine 5 ans, il ne chantait
pas du tout. Alors ??? Remettons les pendules à l'heure et saluons le génie de Julien qui a tout compris de la technique vocale. Il n'est que d'entendre les variations inouïes qu'il est capable de
produire en quelques notes, passant du grave à l'aigu, du puissant au détimbré, du clair au voilé. C'est ..... tourbillonnant ! Je ne trouve pas d'autre mot pour le moment.
Par Lucrezia
0
Mardi 14 août 2007
2
14
/08
/Août
/2007
18:20
Entre le Julien qui chante et le Julien qui ne chante pas, il existe un décalage proprement hallucinant. Au quotidien, je lui trouve un
air affable et réservé, un petit sourire gêné, voire des expressions enfantines. Mais dès qu’il saisit un micro et qu’il délivre sa première note, une métamorphose a lieu sous nos yeux.
L’expression faciale se modifie complètement, la gestuelle explose. En une fraction de seconde, le garçon bien élevé se transforme en une espèce de sorcier vaudou. Il doit se produire quelque chose
du genre, car nous nous retrouvons complètement envoûtées. Un être caché semble surgir des tréfonds de lui-même et prendre possession de lui (et de nous par la même occasion). La prestation à peine
terminée, la marée se retire d’un coup, le vent s’apaise, le tonnerre s’éloigne et réapparaît le Julien calme et lumineux. Vraiment fascinant ! Avez-vous la même impression ou ai-je rêvé
?
Par Lucrezia
0
Mardi 14 août 2007
2
14
/08
/Août
/2007
18:18
Je l’admets, il est très dur de détacher son regard de Julien lorsqu’il chante, son jeu de scène est époustouflant, mais avez-vous (rien
qu’une fois) fait le test des yeux fermés ? Si ce n’est pas le cas, faites-le et vous comprendrez en quoi son succès n’est nullement de la poudre aux yeux (comme certains jaloux ont pu l’insinuer).
Comment mettre des mots sur ce que je ressens ? Julien donne de l’épaisseur aux chansons, de la matière, une existence. Ses accents décadents confèrent une profondeur, une surprenante humanité aux
choses en faisant ressortir leur côté fragile, fêlé. Julien a ce don (si rare) d’extraire de la vulnérabilité une force insoupçonnée et simultanément, de teinter cette force d’une singulière
douceur. Fermez les yeux. PRO-DI-GIEUX ! (Marianne avait raison !).
Par Lucrezia
0
Mardi 14 août 2007
2
14
/08
/Août
/2007
18:02
Qui a survécu au raz-de-marée de la soirée des « Duos du cœur ? Pas moi. Pas encore remise du choc. Mais avant de parler de Julien, un
petit tour d’horizon des autres participants. Je laisse de côté les professionnels (et Virginie) pour m’attacher uniquement aux candidats de la Nouvelle Star et aux impressions qu’ils m’ont
laissées.
Tigane : toujours aussi suave. Je suis sous le charme dès qu’il ouvre la bouche. Tout à coup, me voilà transportée sur une plage, le soleil se couche au loin sur la
mer, tandis qu’une brise tiède me caresse les épaules. Mum !
Julie : un saut au cœur d’une métropole pleine d’animation, genre New York ou Tokyo. Toute cette activité me sollicite, m’emporte. Décidément, cette fille a quelque chose d’hypnotique.
Gaëtane : une jolie campagne verdoyante, un peu acidulée, un peu carte postale d’Irlande, mais une prestation « en surface » qui ne me convainc pas.
Amel Bent : magnifique timbre de voix, mais elle gagnerait TANT à chanter plus simplement. Elle tisse une toile complexe dans laquelle je m’englue doucement. Loin de toutes ces circonvolutions
vocales, comme l’impact serait plus fort si elle se contentait de tisser un seul fil, droit, lumineux.
Myriam Abel : une marée montante autour du Mont Saint-Michel, une force tranquille, un peu trop tranquille à côté de Dominique.
Miss Dominique : la diva noire avec toute l’âme de la soul (c’est la même chose, mais bon) dans la voix. Je m’enfonce dans une jungle emplie de mystères. Y aura-t’il des bêtes sauvages ou des
oiseaux de paradis ? Sans doute les deux.
Christophe Willem : la classe et le talent, une voix aérienne et subtile. Un long fleuve tranquille – la Loire ou mieux, le Nil avec, au loin, un envol d’ibis dans la lumière claire du matin.
Quelque chose de métaphysique.
Bon, assez de commentaires, j’en viens au sujet principal de ce message : Julien. Que dire ? Connaissez-vous les 40ème rugissants ? Avez-vous déjà été emporté par un ouragan ? Ou assisté à une
éruption volcanique ? Je pense que l’on doit éprouver le même genre d’émotions fortes. Et attention, l’éruption volcanique dans toutes ses phases, depuis les secousses telluriques en passant par
les projections de lapilli jusqu’aux colonnes de fumées tournoyantes et aux coulées de lave flamboyantes. Avec Julien, nous avons tout : les sons et les couleurs. J’avais décidé de ne pas juger les
professionnels, mais force est de constater que Julien les a tous enterrés. Pauvre Dave, falot et jaloux (voir sa remarque soi-disant anodine à la fin du duo), qui se fait voler, et la vedette, et
son tube. Un petit débutant face à un interprète hors pair. Idem avec Tété qui s’agite beaucoup et chante un peu dans tous les sens, à la limite du ridicule aux côtés d’un Julien sobre et
recueilli. Une guitare, une voix, pas d’effets, juste la perfection. Le petit morceau au ukulélé, un instant de grâce. La rencontre avec Jean d’Ormesson, un moment d’émotion pure et de sincérité
(c’est très joli ce que Jean d’Ormesson a dit !). Enfin, enfin, les deux prestations solo de Julien. En règle générale, quand un artiste réédite une interprétation, le public a l’habitude de
recevoir la même chose que la première fois. Fallait-il donc s’attendre à un copier/coller ? Jamais de la vie ! Si les orchestrations étaient identiques, le reste était à nouveau transformé.
Jusqu’au bout, Julien aura réussi à nous surprendre, à nous dérouter, à nous transporter. Je n’ai pas de mots pour décrire ses variations de mélodie sur « Moi, Lolita » qui m’ont donné le frisson
et encore moins pour parler de son bouleversant « Tainted love ». Muette, terrassée, je le contemple, les bras en croix au milieu de la scène. Mille démons ou anges (allez savoir) tournoient autour
de son visage extatique. Don total de lui-même. Un artiste offert à son art. Que peut-il y avoir après ça ? Recroquevillée dans mon divan, j’attends avec fièvre la prochaine éruption
volcanique.
Par Lucrezia
0
Mardi 14 août 2007
2
14
/08
/Août
/2007
18:00
Le grand illustrateur Gustave Doré était ton arrière-arrière-grand-oncle (si j’ai bien compris). Serait-il donc vrai que bon sang
(artistique) ne saurait mentir ? Je pense que dans la vie, il n’y a pas de hasards. Je vois en toi l’équivalent musical d’un Caravage. Pourquoi cette comparaison ? Caravage est le maître absolu du
clair-obscur. Quelques exemples peut-être pour les néophytes ? Ces reproductions sont donc destinées aux membres du Forum (qui n’ont pas eu la chance de faire les Beaux-Arts), car une belle
peinture vaut mieux qu’un long discours.
A l’instar du grand maître, tu as le génie de faire cohabiter des aspects antithétiques, aussi bien dans ta personnalité que dans tes interprétations. André Manoukian
avait souligné, avec beaucoup de poésie, que tu étais un prince noir et Tigane un chevalier blanc. Je pense qu’on peut largement aller plus loin et affirmer que tu es à la fois le prince noir ET le
chevalier blanc. Tu excelles dans les côtés obscurs (dark, comme tu dirais), laissant pourtant affleurer sous un noir (qui n’est jamais absolu) des ombres fugitives. Puis, d’un trait, tu nous
éblouis d’un rai lumineux, tellement aveuglant que le noir paraît plus noir et en même temps, enrichi de cette fulgurance. J’ai toujours pensé que l’art d’unir les contraires était le propre des
grands artistes. Rien de plus ennuyeux que les personnalités prévisibles, plates, toujours semblables. Avec toi, nous ne savons jamais quel sera ton prochain défi, ta nouvelle invention. Tu rêves
de jouer la comédie ? Nul doute que tu possèdes tous les atouts pour y briller. Ton sens de l’autodérision ferait merveille. Tu es la somme de tous les possibles.
Toutes tes interprétations m’ont laissée bouche bée, anéantie dans mon divan. Mais ce type d’anéantissement, j’en redemande. C’est le même que j’éprouve au pied d’une toile du Caravage,
l’impression de contempler une œuvre au-delà du génie humain. Quand ta voix, Julien, emplit mon âme, j’entrevois toute la richesse d’un être qui a su unir l’obscurité des pulsions primitives à
l’éclat flamboyant des étoiles.
Par Lucrezia
0
Mardi 14 août 2007
2
14
/08
/Août
/2007
17:54
Je viens de visionner l’émission de Canal + sur leur site (un grand merci pour le lien ! J’habite la Belgique et l’émission « En aparté »
n’est pas diffusée chez nous). D’entrée de jeu, la présentatrice (qui ne se présente pas, d’ailleurs, appelons-là donc l’intervieweuse) m’a énervée. Tout d’abord, elle m’a piqué mon jeu de mots
(pas très recherché, je l’avoue, et depuis tout le monde y a pensé, mais je l’avais trouvé toute seule hier soir) sur notre Julien (a)Doré ! Je suis un peu frustrée, mais soit. Venons-en plutôt à
ce qui m’a interpellée : l’entrée toute simple de Julien, que beaucoup ont décrit comme orgueilleux, voire narcissique. Petite parenthèse : dire cela, c’est ignorer complètement que le propre de
l’artiste est d’avoir foi en lui-même et d’être conscient de sa propre valeur. Sans cette certitude, aucune création possible. Jetez un œil sur les autoportraits des maîtres (notamment Albrecht
Dürer ou Rembrandt) et vous comprendrez immédiatement quelle opinion ils avaient de leur personne (je me répète, parce que j’ai déjà dit ça dans un autre message « Et moi et moi et moi » posté par
Anne).
Revenons à Julien. Pour ma part, je vois juste entrer un homme timide, un peu mal à l’aise, qui n’ose pas se poser quelque part. En même temps, son humour et sa
clairvoyance détendent immédiatement l’atmosphère. Paradoxe propre à Julien : à la fois prince noir (comme l’a remarqué si poétiquement André Manoukian) et personnage solaire. Voilà ce qui fait sa
richesse. Avec un tel potentiel, il n’a pas fini de nous surprendre.
Ce que j’ai particulièrement apprécié ? La façon sobre et intelligente avec laquelle il a répondu aux questions indiscrètes, ramenant à chaque fois l’intervieweuse sur la raison de sa présence dans
l’émission : sa musique (et non son look ou sa vie sentimentale). Porter la barrette ou être n° 1 au classement des sex-symbols, quelle importance ?? (son petit rire était si spontané) Quel rapport
avec sa démarche artistique ? Julien n’était pas là pour faire un striptease mental, mais pour nous éblouir à nouveau avec une interprétation subtile et tendre au ukulélé. Nul besoin des
projecteurs de Baltard, des effets de sons, des artifices de la télévision spectacle : l’artiste est là, intègre, authentique et c’est droit au cœur !
Par Lucrezia
0
Mardi 14 août 2007
2
14
/08
/Août
/2007
17:50
Texte écrit le lendemain de la finale.
Dès le premier prime, j’avais compris, je le savais. Julien allait gagner : insurclassable, unique ! Hier soir, il a démontré une fois
de plus toute l’étendue de son talent. Tigane, que j’estime énormément et qui fera certainement lui aussi une brillante carrière (je le lui souhaite du fond du cœur), n’a pu que s’incliner.
Julien nous a offert un fantastique voyage dans son univers.
D’emblée, un saut dans un Las Vegas aussi flamboyant que son costume pour nous sidérer dans son numéro de crooner extraterrestre. Qui peut se vanter d’allier autant
de désinvolture et d’humour à une pause de voix aussi lyrique (ici, je fais référence à l’opéra, mais oui, Julien a un superbe timbre de baryton classique) ? Dans le paysage actuel de la musique
française (… voire internationale), personne !
J’étais à peine remise de mes émotions que le Julien rocker débarque comme un ouragan dans mon living. J’ai cru que tout Baltard allait faire un infarctus. Soudain, il faisait torride. Jamais vu
ce genre de prestations en prime time sur une quelconque chaîne ! J’ai cru aussi que Julien n’allait pas se relever à la fin, terrassé par cette onde sismique.
Enfin, en confirmation de ce que j’ai déjà dit (à savoir que l’art de se trouver là où l’on ne l’attend pas est la marque du véritable créatif), Julien s’est transformé en Julien le simple, le
classique, le dépouillé. Dove en fut tellement décontenancé qu’il lui a attribué un rouge. Personnalité déroutante, impossible à suivre que ce Julien ! En réponse (j’allais écrire « claque ») à
tous ses détracteurs qui l’accusent de gesticuler, de grimacer, de hurler pour masquer ses « lacunes vocales », il a posé là, calmement, un joyau musical empreint de sincérité et d’émotion. Mis à
nu, Julien reste Julien, le talent à l’état pur. Ite missa est !!! Et la boucle est ainsi bouclée, celle qui démarre au théâtre par une interprétation sobre et inspirée de « A la faveur de
l’automne » et qui aboutit à ce petit miracle de pudeur et de retenue qui a dû faire regretter à Cloclo du fond de sa tombe de ne l’avoir jamais interprété ainsi.
Julien est davantage qu’une star, c’est un artiste incomparable, incatégorisable (pardonnez-moi la création verbale) et celui qui voudra l’enfermer dans un moule conformiste n’est pas encore né.
Je pense ne pas être la seule à attendre la sortie de son album avec une impatience difficile à contenir (comme le temps va être long, long, long ….) pour pouvoir revivre ad libitum cet état de
grâce qui est la marque du génie.
Par Lucrezia
0
Mardi 14 août 2007
2
14
/08
/Août
/2007
17:49
Texte écrit le jour de la finale, dans l'après-midi.
Julien sera la nouvelle star 2007, je n’ai aucun doute là-dessus, pas plus que sur la longévité de sa future carrière. Il est l’Artiste
au sens le plus noble du terme, celui qui place la créativité au-dessus de toute autre considération. A chaque prime, il m’éblouit, me surprend, m’enchante, me subjugue. Je m’interroge sans cesse
: que va-t’il encore inventer ? L’art de se trouver là où l’on ne l’attend pas est la marque du véritable créatif. Certes, Christophe Willem est également un créatif et il l’a brillamment
démontré, mais Julien possède quelque chose en plus : la folie ! Personnellement, j’adore la folie chez un artiste (Julien me fait penser à un Dali musical). Ajoutons à cela qu’il est un showman
accompli et l’on comprendra pourquoi chacune de ses prestations est un coup de génie.
Au fil des émissions, il a su délivrer une intense émotion, sans jamais verser dans la mièvrerie (charge émotionnelle déjà tellement perceptible lors de sa prestation en solo au Théâtre). Il sait
exactement comment marcher sur la corde raide sans jamais perdre l’équilibre. Il a tout compris de la montée orgasmique d’une chanson. Ne souriez pas d’un air émoustillé ! Rien de trivial ici. Je
m’explique : dans la plupart de ses interprétations, il commence doucement, avec une retenue admirable et une maîtrise vocale qui force l’admiration. Rien de plus difficile que de livrer un son
nuancé, harmonieux et occupant l’espace (comme dirait Marianne) quand la voix reste dans les graves. Peu à peu, la tension monte, mais Julien garde la main haute sur sa prestation. Il nous fait
languir, il retient sa fougue, nous n’attendons plus qu’une chose : qu’il crie enfin ! (exercice dans lequel il excelle, rugueux sans jamais écorcher nos oreilles). Quand arrive fi-na-le-ment le
moment où il se déchaîne, c’est l’extase ! Orgasmique, je vous le disais (mais uniquement métaphoriquement, total respect !).
Chacune de ses interprétations me rappelle invariablement une phrase de … (et là, je vais faire mon André Manoukian), je disais donc une phrase de Baudelaire : « Tu m’as donné ta boue et j’en ai
fait de l’or ». Non pas que toutes les chansons interprétées par Julien soient de la boue au départ, loin s’en faut, mais il connaît les secrets pour métamorphoser de simples refrains pour
midinettes en purs joyaux créatifs.
Julien avait peur, tellement peur de vendre son âme au grand Satan cathodique, mais c’est tout l’inverse qui se produit. Il insuffle un immense supplément d’âme (et quelle âme !) à l’univers
aseptisé, rigidifié et conformiste de la télévision. Grâce à lui, la petite lucarne a retrouvé une dignité depuis longtemps perdue. Julien, le magicien, a mis le monde dans son chapeau et nous en
a restitué la beauté. Merci.
Par Lucrezia
0
Commentaires Récents