Mardi 14 août 2007
Le grand illustrateur Gustave Doré était ton arrière-arrière-grand-oncle (si j’ai bien compris). Serait-il donc vrai que bon sang (artistique) ne saurait mentir ? Je pense que dans la vie, il n’y a pas de hasards. Je vois en toi l’équivalent musical d’un Caravage. Pourquoi cette comparaison ? Caravage est le maître absolu du clair-obscur. Quelques exemples peut-être pour les néophytes ? Ces reproductions sont donc destinées aux membres du Forum (qui n’ont pas eu la chance de faire les Beaux-Arts), car une belle peinture vaut mieux qu’un long discours. 

judithdtaillecaravageeo1.jpg    lavocationdesaintmathiexe4-copie-1.jpg

A l’instar du grand maître, tu as le génie de faire cohabiter des aspects antithétiques, aussi bien dans ta personnalité que dans tes interprétations. André Manoukian avait souligné, avec beaucoup de poésie, que tu étais un prince noir et Tigane un chevalier blanc. Je pense qu’on peut largement aller plus loin et affirmer que tu es à la fois le prince noir ET le chevalier blanc. Tu excelles dans les côtés obscurs (dark, comme tu dirais), laissant pourtant affleurer sous un noir (qui n’est jamais absolu) des ombres fugitives. Puis, d’un trait, tu nous éblouis d’un rai lumineux, tellement aveuglant que le noir paraît plus noir et en même temps, enrichi de cette fulgurance. J’ai toujours pensé que l’art d’unir les contraires était le propre des grands artistes. Rien de plus ennuyeux que les personnalités prévisibles, plates, toujours semblables. Avec toi, nous ne savons jamais quel sera ton prochain défi, ta nouvelle invention. Tu rêves de jouer la comédie ? Nul doute que tu possèdes tous les atouts pour y briller. Ton sens de l’autodérision ferait merveille. Tu es la somme de tous les possibles.

Toutes tes interprétations m’ont laissée bouche bée, anéantie dans mon divan. Mais ce type d’anéantissement, j’en redemande. C’est le même que j’éprouve au pied d’une toile du Caravage, l’impression de contempler une œuvre au-delà du génie humain. Quand ta voix, Julien, emplit mon âme, j’entrevois toute la richesse d’un être qui a su unir l’obscurité des pulsions primitives à l’éclat flamboyant des étoiles.

Par Lucrezia
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 14 août 2007
Je viens de visionner l’émission de Canal + sur leur site (un grand merci pour le lien ! J’habite la Belgique et l’émission « En aparté » n’est pas diffusée chez nous). D’entrée de jeu, la présentatrice (qui ne se présente pas, d’ailleurs, appelons-là donc l’intervieweuse) m’a énervée. Tout d’abord, elle m’a piqué mon jeu de mots (pas très recherché, je l’avoue, et depuis tout le monde y a pensé, mais je l’avais trouvé toute seule hier soir) sur notre Julien (a)Doré ! Je suis un peu frustrée, mais soit. Venons-en plutôt à ce qui m’a interpellée : l’entrée toute simple de Julien, que beaucoup ont décrit comme orgueilleux, voire narcissique. Petite parenthèse : dire cela, c’est ignorer complètement que le propre de l’artiste est d’avoir foi en lui-même et d’être conscient de sa propre valeur. Sans cette certitude, aucune création possible. Jetez un œil sur les autoportraits des maîtres (notamment Albrecht Dürer ou Rembrandt) et vous comprendrez immédiatement quelle opinion ils avaient de leur personne (je me répète, parce que j’ai déjà dit ça dans un autre message « Et moi et moi et moi » posté par Anne).

Revenons à Julien. Pour ma part, je vois juste entrer un homme timide, un peu mal à l’aise, qui n’ose pas se poser quelque part. En même temps, son humour et sa clairvoyance détendent immédiatement l’atmosphère. Paradoxe propre à Julien : à la fois prince noir (comme l’a remarqué si poétiquement André Manoukian) et personnage solaire. Voilà ce qui fait sa richesse. Avec un tel potentiel, il n’a pas fini de nous surprendre.

Ce que j’ai particulièrement apprécié ? La façon sobre et intelligente avec laquelle il a répondu aux questions indiscrètes, ramenant à chaque fois l’intervieweuse sur la raison de sa présence dans l’émission : sa musique (et non son look ou sa vie sentimentale). Porter la barrette ou être n° 1 au classement des sex-symbols, quelle importance ?? (son petit rire était si spontané) Quel rapport avec sa démarche artistique ? Julien n’était pas là pour faire un striptease mental, mais pour nous éblouir à nouveau avec une interprétation subtile et tendre au ukulélé. Nul besoin des projecteurs de Baltard, des effets de sons, des artifices de la télévision spectacle : l’artiste est là, intègre, authentique et c’est droit au cœur !

Par Lucrezia
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 14 août 2007

Texte écrit le lendemain de la finale.

Dès le premier prime, j’avais compris, je le savais. Julien allait gagner : insurclassable, unique ! Hier soir, il a démontré une fois de plus toute l’étendue de son talent. Tigane, que j’estime énormément et qui fera certainement lui aussi une brillante carrière (je le lui souhaite du fond du cœur), n’a pu que s’incliner. Julien nous a offert un fantastique voyage dans son univers.

D’emblée, un saut dans un Las Vegas aussi flamboyant que son costume pour nous sidérer dans son numéro de crooner extraterrestre. Qui peut se vanter d’allier autant de désinvolture et d’humour à une pause de voix aussi lyrique (ici, je fais référence à l’opéra, mais oui, Julien a un superbe timbre de baryton classique) ? Dans le paysage actuel de la musique française (… voire internationale), personne !

J’étais à peine remise de mes émotions que le Julien rocker débarque comme un ouragan dans mon living. J’ai cru que tout Baltard allait faire un infarctus. Soudain, il faisait torride. Jamais vu ce genre de prestations en prime time sur une quelconque chaîne ! J’ai cru aussi que Julien n’allait pas se relever à la fin, terrassé par cette onde sismique.

Enfin, en confirmation de ce que j’ai déjà dit (à savoir que l’art de se trouver là où l’on ne l’attend pas est la marque du véritable créatif), Julien s’est transformé en Julien le simple, le classique, le dépouillé. Dove en fut tellement décontenancé qu’il lui a attribué un rouge. Personnalité déroutante, impossible à suivre que ce Julien ! En réponse (j’allais écrire « claque ») à tous ses détracteurs qui l’accusent de gesticuler, de grimacer, de hurler pour masquer ses « lacunes vocales », il a posé là, calmement, un joyau musical empreint de sincérité et d’émotion. Mis à nu, Julien reste Julien, le talent à l’état pur. Ite missa est !!! Et la boucle est ainsi bouclée, celle qui démarre au théâtre par une interprétation sobre et inspirée de « A la faveur de l’automne » et qui aboutit à ce petit miracle de pudeur et de retenue qui a dû faire regretter à Cloclo du fond de sa tombe de ne l’avoir jamais interprété ainsi.

Julien est davantage qu’une star, c’est un artiste incomparable, incatégorisable (pardonnez-moi la création verbale) et celui qui voudra l’enfermer dans un moule conformiste n’est pas encore né. Je pense ne pas être la seule à attendre la sortie de son album avec une impatience difficile à contenir (comme le temps va être long, long, long ….) pour pouvoir revivre ad libitum cet état de grâce qui est la marque du génie.

Par Lucrezia
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 14 août 2007

Texte écrit le jour de la finale, dans l'après-midi.

Julien sera la nouvelle star 2007, je n’ai aucun doute là-dessus, pas plus que sur la longévité de sa future carrière. Il est l’Artiste au sens le plus noble du terme, celui qui place la créativité au-dessus de toute autre considération. A chaque prime, il m’éblouit, me surprend, m’enchante, me subjugue. Je m’interroge sans cesse : que va-t’il encore inventer ? L’art de se trouver là où l’on ne l’attend pas est la marque du véritable créatif. Certes, Christophe Willem est également un créatif et il l’a brillamment démontré, mais Julien possède quelque chose en plus : la folie ! Personnellement, j’adore la folie chez un artiste (Julien me fait penser à un Dali musical). Ajoutons à cela qu’il est un showman accompli et l’on comprendra pourquoi chacune de ses prestations est un coup de génie.

Au fil des émissions, il a su délivrer une intense émotion, sans jamais verser dans la mièvrerie (charge émotionnelle déjà tellement perceptible lors de sa prestation en solo au Théâtre). Il sait exactement comment marcher sur la corde raide sans jamais perdre l’équilibre. Il a tout compris de la montée orgasmique d’une chanson. Ne souriez pas d’un air émoustillé ! Rien de trivial ici. Je m’explique : dans la plupart de ses interprétations, il commence doucement, avec une retenue admirable et une maîtrise vocale qui force l’admiration. Rien de plus difficile que de livrer un son nuancé, harmonieux et occupant l’espace (comme dirait Marianne) quand la voix reste dans les graves. Peu à peu, la tension monte, mais Julien garde la main haute sur sa prestation. Il nous fait languir, il retient sa fougue, nous n’attendons plus qu’une chose : qu’il crie enfin ! (exercice dans lequel il excelle, rugueux sans jamais écorcher nos oreilles). Quand arrive fi-na-le-ment le moment où il se déchaîne, c’est l’extase ! Orgasmique, je vous le disais (mais uniquement métaphoriquement, total respect !).

Chacune de ses interprétations me rappelle invariablement une phrase de … (et là, je vais faire mon André Manoukian), je disais donc une phrase de Baudelaire : « Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or ». Non pas que toutes les chansons interprétées par Julien soient de la boue au départ, loin s’en faut, mais il connaît les secrets pour métamorphoser de simples refrains pour midinettes en purs joyaux créatifs.

Julien avait peur, tellement peur de vendre son âme au grand Satan cathodique, mais c’est tout l’inverse qui se produit. Il insuffle un immense supplément d’âme (et quelle âme !) à l’univers aseptisé, rigidifié et conformiste de la télévision. Grâce à lui, la petite lucarne a retrouvé une dignité depuis longtemps perdue. Julien, le magicien, a mis le monde dans son chapeau et nous en a restitué la beauté. Merci.

Par Lucrezia
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Publicité

Caravage musical

Remerciements

Ce blog n’existerait pas sans la généreuse proposition, l’infinie patience et la magistrale réalisation (en bref, c’est elle qui a tout fait !) de Cath, THE Photoshop genius du forum Crazy Julien. Je lui suis infiniment reconnaissante pour tout le travail accompli et tiens absolument, par ces quelques mots, à lui exprimer mon immense gratitude.

Catégories

Commentaires Récents

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus