Samedi 14 juin 2008




Ce qui suit ne prétend nullement être LA signification du texte de Bouche pute, c’est juste mon interprétation personnelle.  De surcroît, il y a des passages que j’ai volontairement ignorés parce que je n’arrive pas à leur trouver un sens.  Je crois vraiment qu’il y aura autant d’interprétations que de regards sur le sujet, ce qui, par ailleurs, traduit toute la richesse du texte.

 

Pour moi, Bouche pute est la chanson de l’amour blessé, déçu, désenchanté, car non partagé, ce qui explique la violence sous-jacente du texte.  D’un côté, nous avons un « je » qui est dévoré par la passion, qui se donne tout entier, avec intensité et permanence et de l’autre, il y a « tu » qui n’est que tiédeur, fugacité, non-engagement, rétractation.  Le don pour l’un, le refus pour l’autre.

 

J’aime bien dans ton habit du dimanche

Tous les motifs délavés

 

Le texte indique l’hiatus (entre « je » et « tu ») dès la première phrase.  En effet, on peut s’attendre d’un habit du dimanche à ce qu’il ait un aspect neuf, car rarement porté.  Or, ses motifs sont délavés.  A moins que la formulation un peu vieillotte (habit du dimanche) n’indique un usage dépassé (qui porte encore de nos jours un habit du dimanche ?) et donc, le vêtement aurait été longtemps porté ?  Quoi qu’il en soit, le terme qui attire l’attention, c’est « délavés » qui indique que les couleurs sont fanées, sans aucune intensité.  Et c’est précisément ce manque d’intensité qui est le nœud du problème entre « je » et « tu ».

 

Un jour, j’irai pisser sur tes hanches

Provoquer toute leur étanchéité

 

Sans transition aucune, « je » annonce un peu brutalement, presque comme une menace d’humiliation, qu’il ira « pisser sur tes hanches ».  L’image ne manque pas d’être choquante, d’autant plus qu’il est bien souligné que c’est dans le but de « provoquer ».  Face à la tiédeur, à la fadeur des sentiments de « tu », il veut tenter de provoquer une réaction.  Et que veut-il provoquer/tester ?  L’étanchéité de ses hanches.  Le mot un peu technique (presque du vocabulaire de sanitaires !) dénote, mais si l’on envisage les hanches comme l’étage corporel de la sexualité, on comprend mieux ce que cette étanchéité peut avoir de dramatique.  « Tu » se refuse et de plus, refuse ce que « je » veut lui offrir.  « Tu » est imperméable à ses sentiments comme à ses ardeurs.

 

Pour ainsi dire et de passage

Ton corps noué dans le parquet

Ta bouche pute sale jusqu'à la rage

Me fit te détourer à la craie

 

Le « pour ainsi dire » du vers suivant se rattache pour moi à ce qui précède (provoquer toute leur étanchéité pour ainsi dire), indiquant qu’il y a bien un double sens.  Mais rien ne me permet d’en être certaine !  Je cherche des pistes, sans aucune certitude.

 

L’expression suivante « de passage » indique bien que « tu » n’est pas dans la permanence et dans l’engagement vis-à-vis de « je ».  Il s’agit d’une relation précaire.  « Tu » ne fait que passer pour éventuellement lui concéder un acte sexuel rapide où il rêve son corps noué dans le parquet, comme un nœud du bois qui ne s’effacerait pas, qui resterait enclavé, permanent.  Espoir déçu qui amène à ses lèvres l’expression de dépit « bouche pute sale », indiquant que peut-être « tu » concède ses faveurs à tout venant, ce qui provoque la rage au cœur du « je » qui se sent trahi, humilié, blessé.  Et cette bouche sale provoque peut-être des fantasmes de meurtre chez « je » qui se voit « détourer à la craie » le corps de « tu ».  C’est en effet sur les scènes de crime que l’on détoure les corps des victimes.  Mais il existe un autre sens au verbe détourer.  En photographie, il s’agit d’une opération consistant à ne retenir d’une illustration qu’une partie en séparant l’objet et le fond.  En poterie, détourer signifie enlever la matière superflue.  Et là, on peut imaginer que « je » rêve d’une « tu » qui correspondrait à ses attentes, de laquelle il pourrait ôter tous les aspects qui le blessent, la retirer de son contexte, la retrouver dans son essentialité.

 

Histoire de voir ou tu en somme

 

Le vers suivant « histoire de voir où tu en somme » me pose problème.  J’ai l’impression qu’il y a un jeu sur le sens.  Là où on attend « histoire de voir où tu en es », on trouve le mot « somme » à la place.  S’il avait un « s », je me dirais que l’on évoque le destin des deux protagonistes, destin déterminé par l’attitude de « tu » qui est maîtresse du jeu.  L’absence du « s » me laisse donc perplexe.  Tout autant que celle de l’accent sur « ou ».  Mon interprétation n’est sûrement pas la bonne.

 

Décide de pleurer vers le large

 

Tout aussi perplexe suis-je devant le verbe qui suit, « décide » qui ne peut se rapporter à tu (puisque pas de « s » non plus).  Il s’agit donc soit d’un impératif (peu probable !), soit de la 1ère personne de l’indicatif et dans ce cas, c’est le « je » qui décide de pleurer.  Pourquoi « vers le large » ?  Pour se cacher, pour détourner la face ?  Pour trouver un réconfort dans la vision de la mer ? Je n’ai pas de réponse.

 

De jolie brume à pauvre conne

Disposais-tu de plus de marge

 

« Jolie brume » crée des signifiés très évocateurs.  Par un jeu sur les sons, on pense à « brune » bien sûr.  Mais aussi, la brume rejoint l’évocation du large et surtout, la brume est ce qui est insaisissable par nature, flou, noyé, évanescent.  Ceci ne fait qu’accentuer le caractère fuyant de « tu » qui, dans la foulée, se voit traiter de « pauvre conne ».  Insulte instantanément atténuée par la réflexion qui suit « Disposais-tu de plus de marge ? » qui nous laisse croire que « tu » n’a peut-être pas le choix, soit par volonté personnelle, soit par impossibilité extérieure.  « Tu » reste cantonnée entre deux pôles.  Peut-être que « tu » ne possède pas non plus la capacité d’aimer.

 

Je reste allongé sur tes sables

Mouvants pouvant parfois m’aider

A devenir ton homme slave

A verve morte dilatée

 

Dans la dernière strophe, malgré tout, malgré la souffrance, malgré le caractère volage de « tu », « je » reste « allongé sur tes sables », nouvelle évocation maritime, mais aussi « sables » pouvant être identifiés à la peau lisse, chaude, dorée.  Les sables/la peau sont mouvants.  A nouveau, cette idée d’impermanence, mais aussi peut-être évocation des mouvements de l’acte amoureux qui aide « je » à devenir « ton homme slave ».

 

Je crois que cette expression « homme slave » est un jeu sur les langues.  Le mot « slave » doit être compris comme un mot anglais, car l’homme esclave est bien ce qui transparaît au final.  Esclave au point qu’il se voit réduit au silence (« à verve morte dilatée »), le discours est resté à l’état d’embryon inexprimable et plus loin, on lit qu’il ne reste à « je » que des « demi-mots ».  « Tu » as donc provoqué une castration du discours.  Castration qui nous amène inévitablement à un nouveau jeu sur les sons.  Comment en effet s’empêcher d’entendre « à verge morte dilatée » ?  Et là, on peut imaginer que face à l’étanchéité des hanches, la verge meurt d’être dilatée sans pouvoir trouver d’apaisement.  Loin d’être accueillantes, les hanches se présentent comme un obstacle impénétrable.

 

Et de ton corps à demi nu

Je ne retiens qu’à demi-mot

Les maîtres maux de ton ……

 

Le « corps à demi-nu » indique une fois encore que « tu » ne se donne que partiellement, ne concède que des bribes, ne prend pas le temps de se mettre à nu (dans tous les sens du terme).  Ceci a pour effet que « je » perd en partie la conscience, la liberté de choix aussi.  Car que retient « je » et encore à « demi-mot » ?  Une seule chose : les « maîtres maux » qui le torturent.  « Maîtres » renvoie indéniablement à l’homme esclave et indique que « je » est entièrement soumis à sa souffrance.

 

Que pourrait-on imaginer comme mot à la place des points de suspension finaux ?  Les maîtres mots de ton …. ???  Je songe à « indifférence ».  Mais il y a certainement un éventail de possibles.  Ce mot imprononcé nous renvoie à la douleur, à l’impuissance de « je » et à sa « verve/verge morte ».  « Je » est coupé à tous ses niveaux, physique, psychique, oral, mental, …  Bon, je m’arrête là, parce que ça vire freudien !

 

Cette chanson de l’amour amer, de la passion bafouée résonne pourtant d’une étrange tendresse.  Tout le phrasé très sensuel et la délicatesse des sons donnent une coloration quasi paradoxale au message qui, sans l’atténuation des effets vocaux, pourrait être beaucoup plus violent.  Ce côté oxymorique propre à Julien est un des aspects qui me fascine le plus.  Et dans Bouche pute, il se déploie avec maestria !!

 

La chanson s’achève sur une montée musicale qui semble emporter « je » qui ne peut plus qu’articuler des « aaaahaaaaah » douloureux comme une litanie, alors qu’autour de lui, tout tourbillonne éperdument, noyant la conscience dans un vertige infini, déniant à l’amour toute possibilité de rédemption.

 

 

Par Lucrezia
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Dimanche 8 juin 2008

Jamais la culture artistique de Julien n’a été mise en lumière avec autant d’élégance et de maestria !  La réponse à la question de Pomme est évidente.  Oui, Julien a fait de lui-même un ready made, oui, en complément de la création musicale, présentée par ailleurs comme un ersatz, Julien est à lui seul une œuvre d’art.  Deux tableaux, le mot n’est pas usurpé, deux tableaux et un balayage de l’histoire de l’art.


 




















La raideur de la statuaire du Moyen Age                La grâce rayonnante d’un Raphaël

atténuée par quelques renflements                        La netteté des courbes d’un

délicats harmonieusement découpés                     Simone Martini

La majesté des madones de Giotto                        La sensualité des Saint-Sébastien

Le hiératisme émouvant du christ                            de Mantegna ou d’Antonello

ressuscitant de Piero della Francesca                    da Messina

 

Lui, debout dans cette vision de l’harmonie originelle, à l’aube d’un jour où l’homme n’a pas encore violé la nature, contemple sa main en coupole d’où semble sourdre la lumière.

 

Moi, dans un trouble extrême, je vois s’incarner tous les implorants, tous les glorieux, tous les resplendissants de l’histoire de la peinture.

 

La toile bouge et respire, la peau miroite, l’art s’est fait chair et son corps se tend vers moi dans l’élan d’une offrande.

 

Le seul vêtement, immaculé, a les plis d’un pagne drapé et mes pensées s’y entortillent.

 

Tête ailée, épaules somptueuses, poitrine aux rondeurs de médaille, il parle à notre inconscient collectif.

 

L’art s’est fait chair et les concepts ont un visage.  L’esthétisme a un corps et enfin, alors que j’ai passé ma vie à la contempler, la Beauté me regarde.

 

 

Par Lucrezia
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Samedi 31 mai 2008



Jusqu’à présent, leurs mots à eux

Ingérés, recréés, réappropriés, certes

Marqués de ton sceau vocal

Indéniablement

Pourtant impersonnalité, matité

Frustration, transparence du sens

Si peu de toi

Nous assoiffées sans espoir d’étancher

Cherchant le passage, accès dénié

Pénétrer plus avant, zone cadenassée

Juste lécher la surface, attendre

 

Maintenant, tes mots à toi

Ta créativité, ta voix

Et de braises d’absinthe

En cétacés délavés

De corps noué en lys exporté

Je bois tes demi-mots à demi-nus

Jouvence étourdissante

 

Tes mots s’enlacent aux nôtres

Sur les lignes de l’écriture

Mots musicaux et rimbaldiens

Qui tordent le sens et le cœur

Mots pleins de toi, polysémiques

Enigmatiques, alchimiques, érotiques

Comme un saignement, coulée de sève

Lave féconde

Je me les incorpore

Intus in corpore

Rafraîchissante brûlure

Orgasme métaphysique

 

Dans le silence de mon moi

Comme un ensorcelant mantra

Je les scande et je les cadence

Tes mots à toi

 

Par Lucrezia
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Lundi 26 mai 2008


 

La découverte de Julien fut pour moi un évènement exceptionnellement fort et je me suis souvent demandé comment l’on pouvait faire passer tant de choses à travers un support aussi impersonnel et banalisé qu’un écran de télévision.  Bafouant ce média qui aurait dû introduire de la distance, Julien est parvenu à dégager un rayonnement qui me touchait quasi physiquement.  Je n’avais pas d’explication à ce phénomène jusqu’à ce que j’entende ses propos dans le « 7 à 8 ».  Il y témoigne en toute simplicité – et peut-être dans la seule partie sincère de l’interview – qu’il a effectivement sorti de lui des choses qu’il ne soupçonnait pas, qu’il s’est senti investi par quelque chose de fort, de physique, ce sont ses propres mots.  Il termine en disant : « Ca a été une révélation aussi pour moi ».

 

Et c’est ce mot qui m’a accrochée : une révélation.  Je pense immédiatement au sens mystique, à un dévoilement de vérités cachées, à une illumination.  Je ne suis absolument pas croyante, mais ce soir-là, il faut bien reconnaître qu’un miracle a eu lieu.  Par le biais d’une « apparition », quelque chose d’enfoui est venu à la lumière en m’éclaboussant de sa splendeur.

 

Julien a accouché en direct de sa part artistique et a empli l’espace de cette force indéfinissable qui rayonna de lui comme un trésor qu’on exhume et qui brilla soudain au soleil de tout son or révélé.  Voilà pourquoi la puissance de l’impact, voilà pourquoi la vrille d’émotions qui transperce l’écran, voilà pourquoi la chaleur et l’ivresse, voilà pourquoi le spasme tellurique.

 

Le mot Apocalypse (grec : Aποκάλυψις) signifie en réalité Révélation.  De lui pour lui, de lui à moi, de lui à lui, de lui pour moi, l’éclat qui ne faiblit pas.

 

Par Lucrezia
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Jeudi 15 mai 2008



Quand Julien m’offre une œuvre, ça m’éclate et cette fois, vraiment, je suis gâtée.  Il a dépassé autant que transgressé mes attentes avec ce triptyque cinématographique sur la musique des « Limites ».  Je ne sais pas pourquoi, je m’imaginais un clip en couleurs, assez baroque, un peu surchargé, enfin à l’image de la pochette du single et/ou de l’album.  Rien de tout cela !

 

Il a choisi le noir et blanc et la sobriété, du moins dans la composition de l’image : des plans fixes où toute la mobilité est apportée par les acteurs.  Car de sobriété, on ne peut parler lorsqu’on considère les expressions outrées et la danse déstructurée dont Julien nous gratifie pour notre plus grand bonheur.  Déjà, ce seul contraste entre le contenant et le contenu me procure un sentiment d’ivresse très jubilatoire.  J’avais beau savoir que Julien est le roi des associations oxymoriques, je n’en reste pas moins muette d’admiration.

 

Ces deux minutes vingt-deux de clip qui semblent donc assez dépouillées de prime abord recèlent en fait une multitude de références cinématographiques que ma culture, hélas trop limitée en la matière, ne me permet pas de repérer.  Je distingue quand même deux orientations bien précises.  Le choix délibéré du noir et blanc nous amène tout de suite au film noir américain des années 40/50 où les gangsters étaient souvent bien sapés, tradition perpétuée par « Le Parrain » et le cultissime « Scarface ».  Chez Hitchcock, on retrouve aussi ce type du gentleman salaud qui égorge ses victimes avec un flegme et une élégance so british.  Quant à Norman Bates, il apparaît de prime abord comme un charmant jeune homme.  C’est graduellement que la situation inquiétante se révèle.  Et le schéma est reproduit dans le clip où, progressivement, Julien dérive vers une folie aussi alarmante que délirante.  Le petit jeune homme bien élevé et bien habillé se transforme sous nos yeux ravis en dangereux psychopathe.

 

Je m’émerveille en découvrant que chaque version du clip reproduit en fait la même structure.  On y trouve à chaque fois trois stades psychologiques articulés à l’aide de deux charnières.  Le premier stade nous montre un Julien élégant, dansant ou chantant, mais dans les deux cas, s’affichant avec une fine ironie et un brin de dérision.  La première charnière est l’apparition du couteau qui transforme notre charmant jeune homme en mauvais garçon potentiellement dangereux.  La manière dont il fait tourner ce couteau entre les doigts ou virevolter dans l’air n’inspire certes pas trop confiance.  L’expression du visage change aussi de manière assez évidente.  La seconde charnière est le passage de Remy Bricka, dont le feu d’artifice semble faire basculer notre voyou dans une folie irrépressible.  Oulala, celui-là, je ne voudrais pas le rencontrer le soir au fond d’un bois.  Je devrais m’attendre à tout …. surtout au pire.  J’admire la façon brillante dont ce schéma a été appliqué à chaque clip sans qu’aucune lassitude ou aspect répétitif n’intervienne.  C’est du grand art !

 

Outre le film noir, la seconde orientation apparaît très clairement elle aussi.  Il y a de nombreuses références aux films musicaux et je n’ai aucun mérite à mentionner ce que vous avez déjà repéré : Cry Baby, West Side Story, Pulp fiction, Saturday night fever et même une allusion furtive et moqueuse à Brice de Nice.  Il y en a certainement beaucoup d’autres et une fois de plus, je maudis mes lacunes cinématographiques qui m’empêchent d’apprécier la création dans son ensemble.

 

J’ai voulu m’intéresser aussi un peu à ce couteau qui est l’accessoire récurrent des 3 versions du clip.  J’ignore s’il est destiné à occire la pauvre poule et j’espère que non, mais il est clair que le couteau est l’instrument habituel des sacrifices et des immolations.  Y a-t’il représentation purement symbolique d’un sacrifice propitiatoire ?  Je vous laisse en juger.  Autre aspect du couteau : il est également un symbole phallique, celui du chasseur guerrier, l’instrument de sa force et de son pouvoir.  Il est indéniable que le couteau est un objet très masculin peu utilisé par les femmes (si ce n’est dans leur cuisine !).  Bon, là, vu la manière dont Julien l’exhibe et l’utilise, je vous laisse dériver de manière très raclurienne sur cette conception !!  Enfin, en psychanalyse, le couteau est un symbole de discernement qui sert à séparer le bien du mal et donc, à distinguer les limites.  Les deux faces de la lame représentent chacune un usage différent du couteau : l’outil indispensable et l’arme indésirable.  Le tranchant symbolise quant à lui la marge ô combien ténue entre les deux.

 

Et c’est là que je réalise à quel point le choix du couteau dans le clip est merveilleusement parlant.  Cet outil du discernement est aussi celui qui fait basculer le protagoniste dans la folie en un quart de seconde, illustrant ainsi de la plus éblouissante façon que les limites, thème de la chanson, sont dépassées, transgressées et même pulvérisées par une extraordinaire liberté créative.  En l’absence de toute limite, les champs de signification peuvent s’interpénétrer en toute licence et les émotions engendrées seront forcément un cocktail explosif d’impressions contradictoires.  Je regarde Julien danser et je suis toute déboussolée : à la fois morte de rire et émoustillée par ses déhanchés suggestifs.  J’ignore comment il arrive ainsi à émulsionner le drôle et le sensuel, mais le résultat est un mélange détonnant.  Dans nombre de chefs-d’œuvre cinématographiques, on trouve ce genre de fusion, que ce soit entre rires et larmes, attirance et répulsion, amusement et effroi, …  Et franchement, il faut un talent monstre pour pouvoir en l’espace de quelques minutes créer un comique tellement teinté d’érotisme que la spectatrice pantoise que je suis ne sait plus si elle rit en se pâmant ou si elle se pâme en riant.  Peu importe, dans les deux cas, c’est absolument délicieux !

 

Par Lucrezia
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Jeudi 15 mai 2008



Quelle chance nous avons de vivre à une époque qui dispose d’autant de modes de préservation de la mémoire, de tant de supports du témoignage.  Entre les CD, les photos, les films, les vidéos et internet, nous n’avons que l’embarras du choix pour nous extasier ad libitum sur le talent des artistes que nous aimons.  On peut même ressusciter les morts !  C’est ce que je pensais l’autre soir en visionnant Luciano Pavarotti interpréter La Danza de Rossini.  Sa joie de chanter cet air, ses vibrations internes étaient tellement perceptibles que tout à coup, la vie a réuni ce qui n’est plus que cendres dispersées pour me restituer un être éternellement, intensément vivant.  C’est prodigieux de disposer de tels témoignages.

 

Imaginez-vous avant.  Les amoureux de l’art n’avaient que le « direct » pour pouvoir s’adonner à leur passion.  Il leur fallait attendre le concert, le récital ou l’exposition pour vivre quelques trop courts instants de pure grâce.  Et entre deux représentations, le temps devait sembler bien long.

 

De toutes les merveilles musicales qui enchantèrent nos ancêtres, nous ne savons rien.  Que connaissons-nous de la voix des castrats ?  Des écrits, des impressions.  Et de la cantatrice Anna Giro si aimée de Vivaldi ?  Des mots décolorés, noyés dans la lagune.  De Molière sur scène, nous devons tout imaginer.  Pour mettre des visages sur des noms, au mieux, nous avons des peintures, portraits fidèles ou non, qu’en savons-nous ?  Et parmi ces fragiles témoignages, beaucoup ne sont pas parvenus jusqu’à nous.  Ayant découvert que Simone Martini avait peint, lors de son séjour en Avignon, un très beau portrait de Laure, mais oui la Laure de Pétrarque, dont la beauté est louée tout au long du « Canzoniere », j’ai eu envie de contempler cette œuvre.  Après quelques recherches, hélas, j’ai appris que le portrait était perdu.  Voilà, nulle trace, juste des poèmes et notre imaginaire.

 

C’est pourquoi je me dis que nous avons beaucoup de chance.  La beauté de Julien est démultipliée à l’infini sur toutes les photos que nous rassemblons avec passion.  Sa grâce habite chaque vidéo.  Son talent est réverbéré par tous les enregistrements.  Julien en devient presque tangible.  Nul besoin d’attendre des éternités entre deux concerts pour s’enivrer au capiteux nectar de sa voix.  Il est présent en permanence, cadeau perpétuel pour nos yeux et nos oreilles.  Même si, un jour, il décidait de rentrer dans l’ombre, - idée que je n’aime pas envisager bien qu’elle soit de l’ordre des possibles -, je sais que je ne le perdrais pas complètement.  Même loin de mon regard, même retourné au silence, il continuerait à illuminer mes émotions.  J’ai dans les mains un trésor impérissable : la trace.

 

Par Lucrezia
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Dimanche 11 mai 2008



Elle a osé l’écrire, Lorelei (du forum "Crazy Julien"), parce que c’est vrai, quand il chante, il fait l’amour à la musique.  On touche à la nature d’une incorporation, d’une intromission, d’une possession.  Soudain, la musique atteint une matérialité qui permet de visualiser l’acte et j’imagine Julien nonchalamment étendu sur les lignes de la portée.  La spirale de la clé de sol s’enroule autour de ses hanches et le tempo, forcément binaire – avant/arrière, approche à petits pas d’équilibriste sur le mince fil déployé.

 

Julien attend, les premières notes vont arriver, jolies demoiselles en robes noires et blanches.  Prêtes à danser, promptes à succomber.

 

La première ne le brusquera pas, mademoiselle Do, dolcissimo, le laisse encore un peu dormir.  Elle le dorlote, il dodeline, chut, chut, fais dodo, mon bel ange doré.  Il reste sur le dos, elle s’étend sur lui docilement et se donne.

 

Mademoiselle Ré s’approche alors.  Elle veut le réchauffer, il veut la respirer.  Mais, complexe comme un rébus, elle se refuse de prime abord, il faut réfléchir, reculer, retrancher, revenir, réussir à la retourner.  D’un rebond, elle s’échappe, rebelle et révoltée.  D’un geste revanchard, il la reprend et la retient.  Elle reste recluse entre ses bras, elle rêve.  Et lui, l’enserre dans sa résille resplendissante.

 

Mademoiselle Mi se mire dans un miroir.  Mignonne, elle minaude comme une midinette.  Mystérieuse, elle a piqué dans ses cheveux de miel des mimosas mystiques.  Midi a retenti au milieu de la mélodie et alors que les minutes s’égrènent diminuendo, Julien se fait mistral violent et s’envole le mimosa dans un chaos majeur pour un délit mineur.  La mijaurée miaule de plaisir alors qu’il murmure à mi-voix : « Mille fois, je te ferai mienne ».

 

Mademoiselle Fa est facétieuse, la fantaisie est son domaine.  Elle raconte des fariboles, où des fantômes factices frôlent les façades fades au petit matin fatigué.  Elle vous roule, facile, dans la farine.  Mais là, elle est faillible, il s’avance, fascinant et fatal, quémandant ses faveurs.  Plus beau qu’un fabuleux fantasme, il la phagocyte sans falbala à l’instant fatidique.  Il la façonne pour en faire sa favorite fanatique, sa fastueuse pharaonne.

 

Mademoiselle Sol soliloque dans sa solennelle solitude.  Elle sourit, songeuse, puis soupire, lasse et saoulée de somnoler en solo dans son strict univers de solfège.  Elle n’attend qu’un soliste, qu’une sollicitation pour s’offrir.  Et le sorcier solaire la subjugue avec ses sortilèges.  Séducteur et somptueux, il l’enserre dans son satin et la saupoudre de soleil comme un solstice d’été.

 

Mademoiselle La est une lady laconique, elle se lamente là-bas et verse une larme de lassitude.  Qui la découvrira au fond du labyrinthe ?  Qui l’enlacera sur un largo langoureux ?  Elle lacère la portée d’un désespoir larvé.  Mais il s’avance, lascif et lumineux, et ses yeux laser lavande l’enflamment d’une chaleur latine, tandis que sa langue lasso la lape et y lace le velours miroitant de sa voix.

 

Dans un silence de Sixtine, Mademoiselle Si profile sa silhouette de sirène.  Elle est la sibylle qui donnera la signification à la danse sismique qui, sans simulation, a uni l’homme aux notes siamoises.  Lui, dont la signature sonore, sidère l’air du siècle.  Lui qui trace un sensuel sillon jusqu’à la source du désir.

 

A toutes, il s’est donné et à chacune, il a ravi sa sonorité propre.  Unissant son souffle à leurs courbes pour faire corps avec leur harmonie.  Accouplement en crescendo.  Pénétration de la texture vibrante des sons.  Et naît l’enfant miraculeux de cet acte amoureux : l’enchantement des sens et de l’âme étourdie.

 

Par Lucrezia
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Vendredi 9 mai 2008



Je marchais vers la ville, il faisait beau et je me sentais légère, presque euphorique.  Sur ma peau, le soleil qui caresse et dans les oreilles, la voix de Julien qui embrase.  Et tout à coup, cela m’est apparu comme une évidence !  Je parle du parfait accord entre mes sensations.  Julien a une voix d’été, de celles qui évoquent la plénitude des choses dans leur maturité, qui goûtent les pêches épanouies et parfumées.  J’aime que « l’été » porte un nom qui exprime ce qui fut et qui n’est plus, un peu comme le regret d’une chose savoureuse et bien trop vite passée.

 

Ah bon, me direz-vous, il y a donc des voix de saison ?  Parfaitement.  Prenons quelques exemples.  Le groupe Cocoon est le représentant typique de la voix de printemps.  On s’y rafraîchit, on y boit la légèreté et l’insouciance.  C’est un envol de fleurs de pommier, la saveur des premières fraises.  Je sais, c’est très subjectif et vos impressions ne correspondront sans doute pas aux miennes.

 

Si je dois mettre une voix sur l’automne, ce sera celle de Francis Cabrel, un peu mélancolique, mais riche de nuances.  On y sent pourtant comme un abandon, le goût un peu caramélisé des choses qui s’achèvent.  Enfin, la voix d’hiver, ce serait celle de Léo Ferré ou de Bashung, renfermant quelque chose de crépusculaire où la fatalité rôde.  Le temps s’immobilise, mais on perçoit les forces sous-jacentes, à l’œuvre en secret.

 

Et chez Julien, il y a ce frémissement des blés mûrs dans la chaleur de midi, l’intensité bleue d’un ciel que rien ne trouble, sinon le vol délié d’un oiseau qui s’élance.  Sa voix est pleine, les couleurs en sont vives, saturées.  Ca embaume les moissons d’un Van Gogh.

 

L’été a toujours été ma saison préférée !

Par Lucrezia
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Dimanche 27 avril 2008

 


Qu’est-ce qui fait la différence ?  Pourquoi la voix de Julien nous fait-elle cet effet-là, unique ?  J’ai déjà évoqué le liseré brillant, j’ai parlé des inflexions, de la chaleur, de la souplesse.  Mais il y a encore une particularité à laquelle j’ai fait allusion une fois : la matérialité.  Oui, écoutez les voix de Mark et Morgane.  On ne peut le nier, elles sont belles, pures, déliées, mais …. c’est un peu trop « joli » à mon goût et surtout, c’est fin, à peine l’épaisseur d’un papier de soie, blanc, lissé, diaphane.  Sur la peau, nulle sensation.  Dans le cœur, un sentiment paisible.  Dans l’âme, un oiseau qui passe et déjà disparu à l’horizon.

 

Puis, sur ces deux voix sages et délicatement posées vient s’enter celle de Julien, ardente et consistante, vibrante et dense.  En un instant, sur la peau, c’est le vent chaud de la plage qui s’enroule et s’enroule encore.  C’est une caresse, un baiser.  Dans le cœur, une émotion battante.  Dans l’âme, un lourd rideau pourpre qui se lève lentement, lentement sur la lumière.

 

La voix de Julien a deux qualités rarissimes : l’intensité et l’épaisseur.  Tout ce qu’elle effleure, elle le transforme en un matériau compact, brillant, composé de facettes.  Que Julien nous délivre un souffle ténu sur une note aigue ou la tempête de ses graves éraflés, l’épaisseur reste constante, sans aucune concession, sans amoindrissement furtif.  En étreignant l’air, je peux presque la toucher, cette voix, l’enrouler sur mes bras comme un écheveau de soie, me réchauffer à sa flamme ondoyante.  Elle a du corps et de l’amplitude.  Du corps aussi beau que son corps à lui, aussi phosphorescent, éblouissant.

 

Quand Julien chante, je n’entends pas les paroles à la première écoute, juste le timbre, la douceur d’un mohair qui pourtant irrite un peu la peau.  C’est paradoxal et délicieux.  Sur « Rehab », je n’ai pas compris la moitié des paroles, parce que cela n’avait aucune importance.  Je sais juste que la chanson parle de réhabilitation, de réintégration à interpréter ici dans le sens évident de désintoxication.  Mais de thérapie, de sevrage, je ne veux point en entendre parler.  Je veux continuer à me droguer, à me troubler le sang et les sens à cette voix.  Ne me parlez pas de privation, I say no, no, no !!  N’évoquez pas un seul instant l’abstinence, la maéthadone, les produits de substitution, I won’t go, go, go.

 

Par Lucrezia
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Samedi 26 avril 2008



Chaque fois que Julien m’offre quelque chose, cela génère de grandes émotions.  La dernière en date : la découverte de la photo pour l’album.  J’ai été cueillie de plein fouet par cette représentation idyllique des premiers jours de la création.  Enfin, je ne sais pas si l’intention est telle, mais c’est la première chose à laquelle j’ai pensé.  A moins qu’il n’y ait aussi quelques réminiscences de Robinson et du mythe du « bon sauvage ».  Après tout, l’un n’exclut pas l’autre.  Cette communion entre l’homme et les animaux évoque indéniablement un état d’innocence, de pureté, antérieur ou écarté de la civilisation.

 

Tout de suite après, les idées et les références se bousculent dans ma tête.  Dans une espèce de joyeux chaos, elles m’emmènent d’une perception à l’autre.  Difficile de démêler mon ressenti, alors je vous le livre en vrac.

 

La photo m’a fait penser à ces scènes reconstituées au musée Grévin où des personnages de cire donnent la parfaite illusion de la réalité.

 


Il y a malgré tout une certaine raideur dans les attitudes qui met en évidence le côté artificiel.  Cette raideur, on la retrouve sur la photo de Julien et puis aussi, cet aspect figé et un peu trop « poli » (dans le sens de lissé).  Au milieu des animaux empaillés, Julien lui-même semble un personnage de cire, il a l’air laqué, presque pétrifié.  C’est un instant arrêté, un simulacre de vie.  Comme si on essayait de voler quelque chose à la mort … sans bien sûr y parvenir.

 

La plupart des scénettes du Musée Grévin font allusion à des épisodes historiques ou à des personnages connus.  Sur notre photo, on est remonté bien plus loin dans le temps, jusqu’aux premiers jours de la création, jusqu’à cet instant où l’homme est encore seul et attend la venue d’une compagne.  C’est troublant, parce qu’on a l’impression d’être un voyeur, on ne devrait pas se trouver là.  Cet instant doit absolument être préservé.  On peut juste reculer.

 

La photo m’a aussi rappelé irrésistiblement l’univers du douanier Rousseau.

 












J’ignore si c’était voulu, mais je ne peux m’empêcher de faire le parallèle.  Un personnage seul, nu, au milieu d’une nature luxuriante et d’animaux bienveillants, alors que l’on pourrait s’attendre à autre chose de bêtes réputées « sauvages » : les fauves sur la peinture, le loup sur la photo.  Mais c’est l’âge d’or et l’homme n’a pas encore déclaré la guerre à la nature.

 

Justement, je pense maintenant au mouvement hippie qui contestait la société de consommation en préconisant un retour à la nature, à ses vertus en opposition aux vices de la civilisation.  Y aurait-il aussi un message écologique ou post power flower dans la photo qui nous occupe ?  J’ai l’habitude de poser des questions sans avoir de réponse, mais c’est précisément ce qui est riche et passionnant.  Julien ouvre des pistes, mais ne nous donne pas l’itinéraire.  Tant mieux, je déteste les itinéraires balisés.

 

Si cette photo est effectivement destinée à devenir la pochette de l’album, il faut avouer que l’on pouvait difficilement faire mieux en matière d’illustration du concept de l’ersatz.  Car ici, tout est ersatz : les animaux, les fleurs, les rochers, le paysage d’arrière-plan, jusqu’à Julien qui semble lui aussi artificiel par son aspect vernissé.  Certaines ont cru voir également des effets de copié/collé de la tête sur le buste, produisant cette impression de cou étiré ou à tout le moins, de tête séparée du corps, illusion encore accentuée par l’ombre circulaire omniprésente à ce niveau.  L’ersatz ne craint pas de s’afficher ostensiblement comme tel par la présence très visible des spots.  C’est bien pensé, intelligent, inhabituel, magistralement mis en scène.  Julien ne cessera jamais de m’étonner.

 

Mais l’émerveillement ne s’arrête pas là.  Mon trouble grandit en contemplant la photo.  Je dois délirer éveillée, mais j’ai l’impression que, comme dans les fanfics, Julien semble se plier à nos fantasmes.  Nous avons rêvé de le déshabiller, il l’a fait.  Il est seul, sans défense, disponible, avec ce côté nature vierge qui permet toutes les fantaisies.  Il se présente en support parfait de nos dérives.  Voulu ou non ?  Je ne m’aventurerai pas plus loin sur ce terrain incertain.  Tout ce que je sais, c’est que j’entends dans ma tête une phrase que j’ai un jour écrite (*) : « Je pose mon front contre sa poitrine et je respire le parfum pur et étourdissant du jardin d’Eden au premier jour ».

 

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(*) Texte « L’odorat » dans « Les 5 sens ».

 

Par Lucrezia
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Remerciements

Ce blog n’existerait pas sans la généreuse proposition, l’infinie patience et la magistrale réalisation (en bref, c’est elle qui a tout fait !) de Cath, THE Photoshop genius du forum Crazy Julien. Je lui suis infiniment reconnaissante pour tout le travail accompli et tiens absolument, par ces quelques mots, à lui exprimer mon immense gratitude.

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