Dimanche 10 février 2008
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L’homme est bien prétentieux de penser qu’il puisse être la seule créature intelligente de l’univers.
J’ai souvent pressenti que nous n’étions pas uniques et que, quelque part, loin dans la galaxie, vivaient d’autres êtres au moins aussi évolués que nous. Je ne suis pas seule à le penser. La NASA, qui n’est quand même pas un organisme farfelu, a déjà envoyé quelques
messages dans l’espace, dans l’espoir d’entrer en communication avec des intelligences inconnues. Ainsi, en 1972 déjà, la NASA a gravé sur un disque
un message placé sur la sonde Pioneer 10 et deux ans plus tard, elle émettait un message radio à l’intention d’éventuelles civilisations extraterrestres. Vous voulez savoir ce que contenait ce message ? Tout simplement la formule de l’ADN et des images stylisées
d’un couple d’humains. Certains ont dit que cela n’était pas prudent et que ces informations pourraient être détournées à des fins peu
pacifiques. Après tout, nous ne savons rien de ces « martiens » ! Enfin, nous croy-i-ons
ne rien savoir, car attendez la suite !
Les Russes, cette fois, ont envoyé en 2003 un message comportant des « lettres » écrites par des habitants de la terre en vue d’établir
des contacts avec d’autres civilisations. Le prix n’était pas trop cher, 15 dollars la lettre, c’est ce qui m’a décidée à envoyer ma
missive. Et vous pensez que personne n’a répondu ? Je vais vous révéler une information top secrète
et je vous demanderai de n’en souffler mot à personne. La réponse est arrivée sous la forme d’un émissaire intergalactique qui a pris apparence
humaine grâce au code ADN précédemment renseigné. Malheureusement, ce dernier a subi quelques altérations du fait de son errance dans l’espace, ce qui
explique que l’identification n’est pas toujours parfaite. Si le messager a bien assimilé notre langage, son cerveau lui envoie parfois des
informations brouillées qui le poussent à s’assimiler à un objet, un frigo par exemple. Ses interlocuteurs perçoivent cela comme de l’humour et notre
charmant ET actualise en vitesse ses informations avec un petit sourire en coin.
Il faut quand même reconnaître que le coup d’essai est un coup de génie et que ces extraterrestres sont drôlement intelligents pour avoir réussi à
recréer une apparence aussi crédible au départ d’une simple silhouette. De cette forme stylisée, ils ont extrait la grâce, l’élégance, la finesse et
sont parvenus à imaginer les couleurs qu’il convenait de conférer à leur « prototype ». Tout est si parfait que j’aurais eu beaucoup de mal
à l’identifier s’il ne m’avait un jour délivré un indice.
Revenons quelques années en arrière, peu après avoir envoyé ma lettre, je suis allée me promener par une belle après-midi d’été. Et dans un pré verdoyant et tout fleuri de campanules, je me suis endormie. A mon réveil, j’ai eu la surprise de me
trouver complètement recouverte de papillons d’un beau vert émeraude. Une myriade de papillons délicats, aux ailes palpitantes. Etrangement, je n’en fus absolument pas effrayée. C’était très doux comme sensation et j’ai poussé un petit
soupir. Tous ensemble, ils se sont envolés. Quand j’ai raconté mon aventure, personne ne m’a crue, les
lépidoptères ne font pas ce genre de choses.
Je n’ai plus jamais repensé à cet épisode jusqu’au soir où une apparition qui avait tout de céleste me susurra au détour d’une chanson :
« Les papillons verts, c’était moi ». Dès lors, alertée par cette révélation inattendue, j’ai redoublé d’attention à chacun de ses
propos. J’attendais confirmation, j’attendais qu’il dise le « mot de passe » dont j’avais convenu dans ma lettre. J’avais imaginé ce stratagème pour indiquer à mon éventuel correspondant la façon dont il pourrait se faire (re)connaître. Mais au fil de ses apparitions, mon charmant messager ne fit plus aucune allusion et je commençais à croire que je m’étais lourdement trompée. Après tout, il s’agissait peut-être d’un hasard. Alors que je perdais espoir, vint le premier clip vidéo de
l’artiste angélique et là, là, il répéta la phrase que j’avais écrite en grandes lettres dans ma missive : « J’adore les portes ». Ce
message, je l’avais voulu symbolique. J’avais tenté d’exprimer mon désir de transcender la condition humaine et ma certitude que des
« portes » cachées donnaient accès à d’autres univers parallèles. Mais surtout, ce que j’ai compris à cet instant, c’est que ce héraut
intersidéral avait répondu à MON message et qu’il était envoyé rien que pour moi. J’ignore le contenu des autres lettres qui accompagnaient la mienne
et si elles ont aussi reçu réponse d’une manière ou d’une autre. Ces correspondants ont-ils songé à un signe de reconnaissance ? En fin de compte, cela m’importe peu.
J’ai enfin la preuve de ce que je pressentais. Non seulement nous ne sommes pas seuls dans l’univers,
mais ces extraterrestres que l’on a si souvent présentés comme belliqueux ou retors possèdent en réalité une grandeur d’âme qui surpasse la nôtre.
Leur intelligence s’avère être supérieure pour être capable de manier toutes les données humaines avec autant de brio et leur sensibilité exquise leur permet d’assimiler l’essence même de l’art
et de la restituer dans tout son éclat. Vous qui vous demandiez pourquoi Julien vous paraissait tellement différent, pourquoi sa voix touchait autant
votre cœur et votre esprit, pourquoi ses yeux vous hypnotisaient, pourquoi sa présence vous transcendait, vous avez à présent la réponse, mais chut, promettez-moi surtout de n’en rien dire à
personne !!
LE PAPILLON
Naître avec le printemps, mourir avec les roses,
Sur l’aile du zéphyr nager dans un ciel pur ;
Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses,
S’enivrer de parfums, de lumière et d’azur ;
Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes,
S’envoler comme un souffle aux voûtes éternelles ;
Voilà du papillon le destin enchanté :
Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose,
Et sans se satisfaire, effleurant toute chose,
Retourne enfin au ciel chercher la volupté.
Extrait de " Méditations " - Alphonse de LAMARTINE
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