Jeudi 6 décembre 2007

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Autour de notre planète s’étend ce que l’on appelle la zone d’attraction terrestre.  Cette attraction est si forte qu’il faut des moteurs surpuissants pour parvenir à s’en arracher.  Les astronautes ont bien du courage.  Moi, ça me fait peur de penser qu’il y a une limite où tout bascule, où, d’un côté, on est assuré de retomber les pieds sur terre et de l’autre, d’être emporté à jamais dans un vide intersidéral.  Je suis comme Pascal, « le silence éternel de ces espaces infinis m’effraye ».

 

Au fait, qui serait assez fou pour faire de l’équilibre sur cette mince frontière ?  Personne, dites-vous ?  Et bien, si, il y a Julien.  Un peu impudent, un peu téméraire, il adore taquiner les limites et en possède apparemment une perception très aigue.  C’est qu’en la matière, une erreur d’un millimètre peut être fatale.  Dans la montée vers les étoiles, on peut tout à coup être renvoyé dans la nuit de l’anonymat.

 

Provoquer et se dénuder, oui, mais jusqu’où peut-on aller ?  Julien le sait, lui qui peut être trivial sans tomber dans la vulgarité, séducteur sans être aguicheur, comique sans être ridicule, érotique sans être pornographique, fou sans être dément, émouvant sans être mièvre, déchaîné sans être brutal, doux sans être sucré, acide sans être acerbe.  J’aimerais posséder ce don d’équilibriste.  Un seul faux pas et il pourrait se retrouver bien au-delà des limites.  Ces limites, il les aime, il adore les frôler, les titiller, voir jusqu’où il pourra les repousser.  Bien campé sur la corde raide, il avance, son intelligence pour balancier, son humour pour chaussons de velours, sa sensibilité pour fil vibrant souplement sous ses pas.

 

Ce n’est pas un hasard si j’ai choisi Chaplin en guise d’illustration.  Ce génie du muet savait nous faire pleurer à travers nos rires et nous émouvoir dans la sobriété.  Les limites, il les a repoussées bien des fois lorsqu’il nous fit pouffer d’un dictateur dément ou verser des larmes sur un ballet de petits pains.  Sa gestuelle tantôt maladroite, tantôt gracieuse, sa générosité dans la pitrerie comme dans l’émotion, je les retrouve chez Julien.  Tous deux ont en commun cette élégance de la sincérité.  Quand Charlot fait mine de perdre l’équilibre et tente mille acrobaties pour rester sur le fil, nous savons très bien qu’il ne va pas tomber.  Il ne fera pas le pas de trop.  De cet éternel vagabond, Julien a hérité la grâce de l’âme et la subtilité de l’esprit.  Virtuose funambule, il s’élance sur le fil de notre admiration et s’en va faire des claquettes, loin dans la stratosphère, comme un baladin des étoiles.

 

Par Lucrezia
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Commentaires

Encore une fois, ce petit billet est fort bien envoyé ! Je passe de temps en temps voir s'il y a du nouveau et chaque fois je suis en acord. La comparaison avec Chaplin est étonnante, mais très bien vue ! Il y a dans la gestuelle de Julien quelquechose d'indéfinissable que l'on ne peut conlure, en tout en ce qui me concerne, que par : "Quelle intelligence fine de la vie et de ses labyrinthes ! Mais je ne peux m'empêcher de penser que quelquefois cela doit être douloureux pour lui ... Se sentir inadapté aux autres, à ceux qui ne veulent pas être "différents", ou qui n'adhèrent pas à ce qu'il propose...
Commentaire n°1 posté par Louisa B. le 07/12/2007 à 11h13

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Ce blog n’existerait pas sans la généreuse proposition, l’infinie patience et la magistrale réalisation (en bref, c’est elle qui a tout fait !) de Cath, THE Photoshop genius du forum Crazy Julien. Je lui suis infiniment reconnaissante pour tout le travail accompli et tiens absolument, par ces quelques mots, à lui exprimer mon immense gratitude.

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